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Arthrose du genou : traitement, symptômes et prévention

La gonarthrose — arthrose du genou — est la forme d'arthrose la plus courante en France. Elle concerne près de 4 millions de personnes et s'installe progressivement, parfois sans que l'on s'en rende vraiment compte. Elle peut fortement altérer la qualité de vie : douleur à la marche, difficulté dans les escaliers, raideur au lever. La bonne nouvelle ? Avec les bonnes stratégies, on peut ralentir son évolution, réduire la douleur et continuer à vivre normalement. Ce guide complet vous donne toutes les clés.

1. Qu'est-ce que l'arthrose du genou ?

L'arthrose du genou, ou gonarthrose, est une maladie dégénérative du cartilage articulaire. Le genou est une articulation complexe composée de trois compartiments : le fémoro-tibial interne (le plus souvent touché), le fémoro-tibial externe et le fémoro-patellaire (sous la rotule). Chacun peut être atteint isolément ou en combinaison.

Le mécanisme est toujours le même : le cartilage qui recouvre les surfaces osseuses s'use progressivement. Il s'amincit, se fissure, puis disparaît par endroits — laissant l'os frotter directement sur l'os. En réponse à cette usure, l'organisme produit des ostéophytes (becs de perroquet) et l'os se remodèle de façon anormale.

À quelle fréquence ?

La gonarthrose touche environ 30 % des personnes après 60 ans, et plus de 50 % après 75 ans. Elle représente la première cause de handicap locomoteur chez les plus de 65 ans en France. Les femmes sont davantage touchées, surtout après la ménopause — la chute des oestrogènes accélère la dégradation cartilagineuse.

Les facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une gonarthrose :

Pour aller plus loin sur les signes spécifiques, consultez notre article sur les symptômes de l'arthrose du genou.

2. Les symptômes à reconnaître

La gonarthrose a une signature clinique assez caractéristique. La reconnaître tôt, c'est agir tôt — et ralentir l'évolution avant que la maladie ne s'installe vraiment.

La douleur mécanique — signe principal

La douleur de la gonarthrose est dite mécanique : elle apparaît à l'effort (marche, escaliers, station debout prolongée) et s'atténue au repos. C'est ce qui la distingue de la polyarthrite rhumatoïde, dont la douleur est inflammatoire — présente au repos et la nuit. Dès que la douleur persiste la nuit ou au repos, c'est un signal d'alarme à explorer avec un médecin.

La raideur matinale — courte mais présente

Au réveil ou après une longue période assise, le genou est raide, il faut le "dérouiller". Cette raideur dure moins de 30 minutes dans la gonarthrose. Au-delà de 30 minutes, on pense à une pathologie inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite) — ce n'est pas la même prise en charge.

Les craquements (crépitations)

Les crépitations sont provoquées par les surfaces cartilagineuses irrégulières qui frottent l'une contre l'autre. On les ressent parfois comme une sensation de "papier de verre" sous la rotule, surtout à la flexion. Des craquements seuls et indolores sont souvent bénins. C'est l'association craquements + douleur + limitation fonctionnelle qui oriente vers l'arthrose.

Le gonflement lors des poussées

Lors des poussées inflammatoires, la membrane synoviale produit un excès de liquide articulaire. Le genou gonfle, prend de la chaleur, se met en position antalgique en légère flexion. Un épanchement important peut nécessiter une ponction évacuatrice réalisée par le rhumatologue.

La limitation progressive de la flexion

La flexion normale du genou est de 135 à 150°. Avec la gonarthrose, elle se réduit progressivement : d'abord l'accroupissement complet, puis la flexion au-delà de 90°. Les gestes du quotidien deviennent difficiles : monter en voiture, s'agenouiller, se relever du sol. C'est souvent ce retentissement fonctionnel qui pousse à consulter.

La déformation axiale aux stades avancés

L'usure asymétrique du cartilage peut entraîner une déformation progressive de l'axe du membre inférieur. L'atteinte du compartiment interne (la plus fréquente) crée un varus — les jambes s'arquent. L'atteinte externe crée un valgus — les genoux se rapprochent. Ces déformations aggravent elles-mêmes la surcharge mécanique sur le compartiment atteint : un cercle vicieux.

Pour mieux identifier une poussée aiguë, consultez notre article sur les symptômes d'une poussée d'arthrose.

3. Les traitements efficaces

L'arsenal thérapeutique de la gonarthrose est large. La stratégie optimale dépend du stade de la maladie, du niveau de douleur et du profil du patient. On part toujours des mesures les moins invasives pour aller, si nécessaire, vers des solutions plus lourdes.

Traitements médicamenteux

Le paracétamol reste le premier recours (→ toutes les méthodes pour soulager l'arthrose) recommandé par la Haute Autorité de Santé — jusqu'à 3 g/jour chez l'adulte en bonne santé. Les AINS (ibuprofène, naproxène) sont plus efficaces sur la composante inflammatoire mais réservés à des cures courtes en raison de leurs effets secondaires digestifs et cardiovasculaires.

Les infiltrations de corticoïdes (cortisone directement dans l'articulation) sont très efficaces pour casser une poussée inflammatoire aiguë — effet en 12 à 48 heures. Elles ne doivent pas dépasser 3 par an pour ne pas fragiliser davantage le cartilage.

La viscosupplémentation par acide hyaluronique (AH) est une injection intra-articulaire qui améliore la qualité du liquide synovial. Elle est indiquée aux stades 2 et 3, réduit la douleur et améliore la fonction articulaire pour 6 à 12 mois en moyenne. Elle est remboursée par la Sécurité Sociale depuis 2017.

Kinésithérapie et exercice physique

Le renforcement du quadriceps est la mesure la plus efficace à long terme pour la gonarthrose. Un quadriceps fort réduit les contraintes mécaniques sur le cartilage de 30 à 40 % et diminue significativement la douleur. Extensions de jambe assise, vélo à selle haute, leg press à faible amplitude — 3 séances par semaine suffisent.

Les sports les mieux adaptés à la gonarthrose sont le vélo (décharge partielle du genou, excellent pour le quadriceps), la natation et l'aquagym (décharge totale dans l'eau), et le tai-chi (proprioception et équilibre, efficacité prouvée dans plusieurs études). La règle d'or : bouger sans surcharger.

Compléments alimentaires articulaires

Les compléments les mieux documentés pour la gonarthrose sont la glucosamine sulfate (1 500 mg/jour), la chondroïtine sulfate (800 à 1 200 mg/jour), le collagène marin hydrolysé et la curcumine phytosomale. L'association glucosamine + chondroïtine a montré dans l'étude GAIT une efficacité significative sur les douleurs modérées à sévères. Une cure de 3 à 6 mois est nécessaire pour évaluer l'effet — ce ne sont pas des antalgiques d'action immédiate.

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Aides mécaniques

La genouillère de maintien améliore la proprioception articulaire et peut réduire la douleur à la marche. La genouillère de décharge à visée biomécanique modifie l'axe de charge et soulage le compartiment atteint — une option intéressante pour différer la chirurgie dans les gonarthroses unicompartimentales. Les semelles orthopédiques avec coin valgisant complètent cette approche en réorientant l'axe de charge. La canne, tenue du côté opposé au genou douloureux, décharge le membre atteint de 15 à 20 %.

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La chirurgie : prothèse totale de genou

La prothèse totale de genou (PTG) est indiquée aux stades 3 et 4 de la gonarthrose, lorsque la qualité de vie est fortement altérée malgré un traitement conservateur bien conduit. En France, plus de 100 000 PTG sont posées chaque année — c'est l'une des interventions orthopédiques les plus pratiquées. Le taux de satisfaction dépasse 85 % à 10 ans. La récupération complète prend 3 à 6 mois. La décision doit être prise en concertation entre le patient, le rhumatologue et le chirurgien orthopédiste — jamais à la hâte.

4. Prévention et mode de vie

La gonarthrose n'est pas une fatalité. Un certain nombre de facteurs de risque sont modifiables — et agir dessus change vraiment la trajectoire de la maladie.

Perdre du poids : le levier le plus puissant

Une perte de 5 % du poids corporel réduit en moyenne la douleur de 18 % dans la gonarthrose. Chaque kilogramme perdu représente 3 à 5 kg de pression en moins sur le genou à chaque pas. Sur une journée de marche, les effets s'accumulent considérablement. Pas besoin de régime draconien : des changements alimentaires progressifs associés à une activité physique régulière suffisent dans la majorité des cas.

Bouger régulièrement — même après le diagnostic

L'inactivité est l'ennemie de l'arthrose du genou. Elle favorise l'amyotrophie du quadriceps, la raideur articulaire et la prise de poids — trois facteurs qui aggravent la maladie. À l'inverse, une activité physique régulière et adaptée entretient le muscle, stimule la production de liquide synovial et réduit la douleur sur le long terme.

Les meilleures activités : vélo (selle haute, résistance modérée), marche nordique (les bâtons déchargent partiellement le genou), natation et aquagym. La règle des 5 : si la douleur dépasse 5/10 pendant ou après l'exercice, on adapte l'intensité.

Alimentation anti-inflammatoire

Une alimentation riche en oméga-3 (poissons gras, noix, huile de lin), en polyphénols (fruits rouges, thé vert, huile d'olive) et en curcuma contribue à réduire l'inflammation articulaire chronique. À l'inverse, les sucres raffinés, les graisses trans et l'alcool entretiennent un état pro-inflammatoire qui aggrave les poussées. Pas de régime miracle, mais une alimentation de type méditerranéen est cohérente avec la santé articulaire.

Protection articulaire au quotidien

Quelques habitudes simples permettent de limiter les contraintes sur le genou : éviter les stations debout prolongées sans pause, choisir des chaussures à bon amorti (amortissement au talon, semelle souple), adapter les activités domestiques (s'accroupir avec appui plutôt qu'en flexion complète libre), utiliser des escalators ou ascenseurs quand la douleur est importante.

Selon moi, la prise en charge de l'arthrose du genou reste encore trop médicalisée et pas assez axée sur l'activité physique adaptée, qui est pourtant l'intervention la plus efficace au long cours. Un patient bien informé qui renforce son quadriceps et gère son poids obtiendra souvent de meilleurs résultats qu'un patient qui enchaîne les prescriptions sans modifier ses habitudes.

En résumé

La gonarthrose est une dégradation progressive du cartilage du genou qui touche 4 millions de Français. Ses signes caractéristiques : douleur mécanique à l'effort, craquements, raideur matinale brève, gonflement lors des poussées. Les traitements vont de l'antalgie simple (paracétamol, AINS) au renforcement musculaire, des compléments articulaires aux infiltrations (corticoïdes, acide hyaluronique), jusqu'à la prothèse totale de genou aux stades avancés. La prévention repose avant tout sur la gestion du poids et l'activité physique adaptée — les deux leviers les plus efficaces et les moins exploités. Plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic fonctionnel.

FAQ — Arthrose du genou

Arthrose du genou : peut-on guérir ?
Non, l'arthrose du genou ne guérit pas au sens strict du terme : le cartilage dégradé ne se régénère pas spontanément. Mais "incurable" ne signifie pas "ingérable". La gonarthrose peut très bien être stabilisée : la progression de l'usure peut être ralentie significativement par la perte de poids, le renforcement musculaire et les traitements adaptés. De nombreuses personnes atteintes de gonarthrose mènent une vie normale pendant des années, voire des décennies, sans recourir à la chirurgie. L'objectif du traitement n'est pas de guérir mais de maintenir la qualité de vie, de contrôler la douleur et de préserver la fonction articulaire le plus longtemps possible. Avec une prise en charge précoce et cohérente, on y parvient dans la grande majorité des cas.
Arthrose du genou degré 3 : que faire ?
Le stade 3 correspond à un pincement articulaire sévère, des géodes (cavités dans l'os), et souvent une déformation axiale débutante. La douleur est fréquente, avec des poussées régulières et une limitation fonctionnelle notable. À ce stade, on intensifie le traitement conservateur : kinésithérapie ciblée pour renforcer le quadriceps, antalgiques adaptés, infiltrations de corticoïdes pour les poussées aiguës, ou viscosupplémentation par acide hyaluronique pour améliorer le confort articulaire sur plusieurs mois. Si ces mesures bien conduites (pendant au moins 6 mois) ne suffisent pas à maintenir une qualité de vie acceptable, une évaluation chirurgicale s'impose. La prothèse unicompartimentale peut être envisagée si l'atteinte est localisée à un seul compartiment. La décision chirurgicale ne se prend jamais à la légère ni dans l'urgence.
Quel médecin consulter pour l'arthrose du genou ?
Le premier interlocuteur est le médecin généraliste : il pose le diagnostic initial, prescrit les radios et les premiers traitements (antalgiques, kinésithérapie, semelles). Si la situation se complexifie — doute diagnostique, échec des traitements habituels, envisager des infiltrations ou une viscosupplémentation — le rhumatologue prend le relai. C'est lui le spécialiste de l'arthrose et des maladies articulaires. Si la chirurgie est envisagée au stade avancé, le chirurgien orthopédiste est consulté pour évaluer l'indication d'une prothèse. En pratique, la prise en charge optimale est souvent pluridisciplinaire : généraliste + rhumatologue + kinésithérapeute, avec un podologue si des semelles sont nécessaires.
Arthrose du genou et vélo : bonne idée ?
Oui — le vélo est l'un des meilleurs sports pour la gonarthrose. Il renforce le quadriceps sans impact sur l'articulation (pas de choc au sol), améliore la circulation synoviale et limite la progression de l'arthrose. Plusieurs études montrent une réduction significative de la douleur après 8 à 12 semaines de vélo régulier. Les précautions à respecter : régler la selle suffisamment haute pour que le genou ne dépasse pas 90° de flexion en bas de la pédalée, choisir une résistance modérée (éviter les sorties en côte très difficiles), et préférer le vélo elliptique en salle si le vélo classique est inconfortable. Le vélo à assistance électrique (VAE) est une excellente alternative pour les personnes dont les douleurs limitent l'endurance — il permet de pédaler plus longtemps avec moins de contrainte.