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Arthrose cervicale : symptômes, maux de tête, vertiges et traitements

L'arthrose cervicale — ou cervicarthrose — est l'arthrose de la colonne vertébrale dans sa portion cervicale. Elle est extrêmement fréquente : on retrouve des signes radiologiques de cervicarthrose chez 80 % des personnes de plus de 65 ans. Pourtant, la majorité reste asymptomatique. Quand elle se manifeste, elle peut prendre des formes variées — douleur cervicale chronique, raideur du cou, maux de tête, vertiges, ou névralgie irradiant dans le bras — qui méritent chacune une prise en charge adaptée.

Anatomie cervicale et mécanisme de l'arthrose

La colonne cervicale est composée de 7 vertèbres (C1 à C7) qui supportent le poids de la tête (environ 5 kg) tout en permettant une mobilité remarquable — rotations, inclinaisons, flexion et extension. Cette double exigence, mécanique et mobile, en fait une zone de contraintes importantes.

Les articulations spécifiques aux cervicales

À la différence du reste du rachis, la colonne cervicale possède des articulations unco-vertébrales (joints de Luschka), situées sur les bords latéraux des corps vertébraux de C3 à C7. Elles jouent un rôle stabilisateur et sont souvent les premières à s'arthroser. Les articulations zygapophysaires (ou facettes articulaires), en arrière, complètent le système. L'arthrose de l'ensemble de ces structures constitue la cervicarthrose.

Le risque de myélopathie

Une particularité anatomique essentielle : le canal rachidien cervical contient la moelle épinière jusqu'à C7-T1. En cas d'arthrose sévère avec ostéophytes importants et sténose du canal, la moelle peut être comprimée — c'est la myélopathie cervicarthrosique. Elle se manifeste par des troubles de la marche, une maladresse des mains, et dans les cas graves des troubles sphinctériens. C'est la complication la plus sérieuse de la cervicarthrose — elle nécessite une évaluation chirurgicale urgente.

Symptômes : du banal au signe d'alarme

La cervicalgie chronique

Le symptôme le plus courant est une douleur dans la nuque, souvent bilatérale, accompagnée d'une raideur en rotation (tourner la tête) et en inclinaison latérale. Des craquements et crépitations à la mobilisation cervicale sont fréquents — ils sont liés aux irrégularités de surfaces articulaires et aux ostéophytes, sans signification clinique particulière en l'absence de douleur associée. La douleur est mécanique : aggravée par les postures prolongées (travail sur écran, conduite), améliorée par le mouvement doux et la chaleur.

Les céphalées cervicogènes

Les maux de tête d'origine cervicale (céphalées cervicogènes) sont un diagnostic souvent méconnu. Leurs caractéristiques distinctives : ils naissent dans la nuque ou la région sous-occipitale et irradient vers l'occiput, le vertex ou le front, toujours du même côté. Ils sont déclenchés ou aggravés par les mouvements du cou ou les postures maintenues. Contrairement à la migraine, ils n'ont pas d'aura visuelle et ne s'accompagnent pas de vomissements intenses. Ils répondent bien à la kinésithérapie cervicale et aux infiltrations des articulaires postérieures cervicales.

Les vertiges cervicaux

Les vertiges d'origine cervicale sont positionnels — déclenchés par des mouvements précis de la tête — et s'accompagnent souvent d'une sensation d'instabilité plutôt que d'un vrai vertige rotatoire (qui orienterait vers une pathologie de l'oreille interne). Ils résultent d'une dysfonction proprioceptive cervicale : les récepteurs des muscles et ligaments cervicaux, perturbés par la raideur et les ostéophytes, envoient des informations erronées au cervelet. La kinésithérapie vestibulaire et cervicale est le traitement de référence.

La névralgie cervicobrachiale (NCB)

La NCB est la compression ou l'irritation d'une racine nerveuse cervicale par un ostéophyte ou un disque herniaire. Elle se manifeste par une douleur irradiant depuis la nuque vers le bras, dans un territoire précis selon le niveau atteint :

Niveau Territoire douloureux Trouble sensitif Réflexe affecté Déficit moteur
C5 Épaule, face externe du bras Face externe du bras Bicipital diminué Abduction de l'épaule (deltoïde)
C6 Bras → avant-bras → pouce et index Pouce et index Stylo-radial diminué Flexion du coude (biceps)
C7 Bras → avant-bras → majeur Majeur Tricipital diminué Extension du coude (triceps)
C8 Bras → avant-bras → auriculaire Auriculaire et annulaire Cubitaux pronateurs Muscles intrinsèques de la main

Les signes d'alarme à ne pas manquer

Consultez en urgence si vous présentez : un déficit moteur progressif dans un bras (difficulté à lever le bras, faiblesse de la prise), des troubles de la marche avec sensation d'instabilité progressive, des troubles sphinctériens (miction urgente, incontinence), ou une douleur nocturne cervicale intense et croissante avec antécédent de cancer. Ces signes évoquent une myélopathie cervicale ou une lésion grave, qui nécessitent une IRM en urgence.

Diagnostic et imagerie

La radiographie cervicale

La radio cervicale de face, profil et trois-quarts (incidences obliques pour visualiser les trous de conjugaison) est l'examen de première intention. Elle montre les signes d'arthrose : pincement des interlignes discaux, ostéophytes des uncus et des articulaires postérieures, condensation des plateaux vertébraux. L'écart entre signes radiologiques et symptômes est souvent important — une radio "catastrophique" peut correspondre à un patient peu douloureux.

L'IRM cervicale

L'IRM est indiquée en cas de NCB avec signes déficitaires, de suspicion de myélopathie (trouble de la marche, signes pyramidaux), ou de résistance au traitement médical après 6 semaines. Elle visualise les disques, les racines nerveuses, la moelle épinière et détecte les compressions radiculaires ou médullaires. C'est l'examen de référence avant toute décision chirurgicale.

Les diagnostics différentiels

La NCB de C5-C6 est classiquement confondue avec une tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule — les deux donnent une douleur à l'épaule irradiant vers le bras. L'examen clinique (test d'abduction contrariée, manœuvre de Spurling pour la NCB) permet généralement de distinguer les deux. Une syndrome du canal carpien peut coexister avec une NCB C6 et compliquer le diagnostic. L'EMG est utile pour objectiver et localiser le niveau de l'atteinte nerveuse.

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Traitement médical et kinésithérapie

Le traitement médicamenteux

Le paracétamol (1 g, 3 fois par jour) est la première ligne analgésique. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) sont plus efficaces sur les poussées inflammatoires, à utiliser en cures courtes de 5 à 7 jours. Les myorelaxants (méthocarbamol, tétrazépam remplacé) peuvent être utiles sur les contractures musculaires aiguës, en cure courte. Le collier cervical de Philadelphia — souvent prescrit en réflexe — est à utiliser avec parcimonie : son port prolongé entraîne une amyotrophie des muscles cervicaux qui aggrave la situation à moyen terme. Une à deux semaines maximum en phase aiguë.

La kinésithérapie cervicale

La kinésithérapie est le pilier du traitement non chirurgical de la cervicarthrose. Elle comprend les massages des muscles cervicaux et paravertébraux (trapèzes, élévateurs de la scapula, sous-occipitaux), les mobilisations douces en techniques actives aidées, et en phase stable le renforcement des fléchisseurs profonds du cou (longus colli, longus capitis) — ces muscles proches de la colonne cervicale dont la faiblesse est un facteur de récurrence majeur.

Les infiltrations cervicales

Les infiltrations péri-radiculaires ou foraminales cervicales, réalisées sous contrôle scanner par un radiologue interventionnel, sont efficaces pour les NCB résistantes au traitement médical après 6 à 8 semaines. Elles permettent d'éviter la chirurgie dans une majorité de cas. Les infiltrations des articulaires postérieures (facettes) peuvent soulager durablement les cervicalgies chroniques de mécanisme facettaire.

La chirurgie : quand et comment ?

La chirurgie est indiquée pour deux situations : la NCB avec déficit neurologique persistant ou douleur non contrôlée après 6 semaines de traitement, et la myélopathie cervicale (urgence relative). L'intervention standard est la discectomie cervicale antérieure avec arthrodèse (ablation du disque pathologique et fusion des vertèbres adjacentes). La prothèse discale cervicale (arthroplastie) est une alternative qui préserve la mobilité — elle est indiquée chez les sujets jeunes et actifs pour éviter la contrainte sur les segments adjacents.

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Prévention et ergonomie du poste de travail

La cervicarthrose est étroitement liée aux postures maintenues, en particulier devant un écran. Une ergonomie de poste correcte ralentit la progression et réduit les douleurs.

L'ergonomie du poste informatique

L'écran doit être à hauteur des yeux — le haut de l'écran au niveau du regard, à une distance de 50 à 70 cm. Le cou ne doit jamais être en flexion prolongée. Le clavier et la souris doivent être proches du corps, coudes à 90°. Utilisez un support pour les documents pour éviter de vous pencher. La chaise doit avoir un appui-tête si vous travaillez de longues heures.

Les pauses actives

Toutes les 45 minutes, une pause de 3 à 5 minutes pour mobiliser la nuque suffit. Rotations douces de droite à gauche, inclinaisons latérales, rétropulsion du menton (chin tuck) — ces mouvements simples désengorgent les articulations et relâchent les contractures musculaires.

Le sommeil

Un oreiller cervical physiologique — maintenant la courbe naturelle de la lordose cervicale — améliore significativement les douleurs nocturnes et la raideur matinale. Les oreillers trop épais (tête en flexion) ou trop plats (nuque sans soutien) aggravent les contraintes articulaires cervicales pendant les 7 à 8 heures de sommeil.

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En résumé

L'arthrose cervicale est très fréquente après 60 ans mais souvent asymptomatique. Quand elle se manifeste, elle peut prendre la forme d'une cervicalgie chronique, de céphalées cervicogènes, de vertiges positionnels ou d'une névralgie cervicobrachiale. La myélopathie cervicarthrosique (compression de la moelle) est la complication grave à ne pas manquer. Le traitement associe antalgiques, kinésithérapie de renforcement des fléchisseurs profonds, et corrections ergonomiques. La chirurgie est réservée aux NCB résistantes et aux myélopathies.

FAQ — Arthrose cervicale

L'arthrose cervicale peut-elle causer des vertiges ?
Oui, les vertiges cervicaux sont une manifestation reconnue de la cervicarthrose. Ils résultent d'une dysfonction des récepteurs proprioceptifs des muscles et ligaments cervicaux, qui envoient des informations de position erronées au cervelet. Ces vertiges sont typiquement positionnels — déclenchés par des mouvements précis de la tête — et ne s'accompagnent jamais de surdité (ce qui les distingue des vertiges d'origine labyrinthique). Ils répondent bien à la kinésithérapie cervicale et vestibulaire. En cas de doute, un bilan ORL avec audiogramme permet d'éliminer une cause cochléo-vestibulaire associée.
La cervicarthrose peut-elle provoquer des maux de tête ?
Oui, c'est même une cause fréquente de céphalées chroniques sous-diagnostiquée. Les céphalées cervicogènes naissent dans la nuque et irradient vers l'occiput, le sommet ou le front, toujours du même côté. Elles sont déclenchées par les mouvements cervicaux ou les postures prolongées. Contrairement à la migraine, elles n'ont pas d'aura et répondent à la kinésithérapie cervicale. La distinction avec la migraine peut être difficile — certains patients souffrent des deux. Un neurologue ou un rhumatologue peut aider à faire la part des choses et adapter le traitement.
Faut-il opérer une arthrose cervicale ?
Dans la grande majorité des cas, non. La chirurgie n'est indiquée que dans deux situations : une névralgie cervicobrachiale sévère avec déficit neurologique persistant après 6 semaines de traitement médical bien conduit, et la myélopathie cervicale (compression de la moelle avec troubles de la marche ou déficit moteur progressif), qui est une urgence chirurgicale relative. La cervicalgie chronique, les céphalées cervicogènes et les vertiges cervicaux sont des indications uniquement médicales et kinésithérapiques — ils ne nécessitent jamais de chirurgie.
Quels exercices pour l'arthrose cervicale ?
Les exercices les plus efficaces ciblent le renforcement des fléchisseurs profonds du cou (longus colli) : couché sur le dos, rentrez le menton vers la gorge sans lever la tête (chin tuck), tenez 10 secondes, répétez 10 fois. Complétez avec des rotations douces de la tête dans les amplitudes indolores, et des étirements du trapèze supérieur et de l'élévateur de la scapula. En position assise, évitez la rétropulsion extrême qui peut aggraver les compressions foraminales. Ces exercices doivent être progressifs — si une douleur irradie dans le bras pendant l'exercice, arrêtez et consultez un kinésithérapeute.