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Arthrose de l'épaule : symptômes, diagnostic et traitements

L'arthrose de l'épaule — ou omarthrose — est moins fréquente que celle du genou ou de la hanche, mais elle est souvent diagnostiquée tardivement car ses symptômes sont facilement attribués à une tendinite ou une pathologie de la coiffe des rotateurs. Elle touche l'articulation gléno-humérale et peut progressivement limiter les gestes du quotidien : lever le bras, s'habiller, conduire. Son traitement suit les mêmes grandes lignes que les autres localisations d'arthrose, avec des spécificités liées à l'anatomie de l'épaule.

Anatomie et mécanisme

L'épaule est l'articulation la plus mobile du corps humain. Elle comprend principalement l'articulation gléno-humérale (entre la tête de l'humérus et la glène de l'omoplate), stabilisée par les quatre muscles de la coiffe des rotateurs (sus-épineux, sous-épineux, petit rond, sous-scapulaire). C'est cette articulation gléno-humérale qui est le siège de l'omarthrose.

Dans l'omarthrose, le cartilage de la tête humérale et de la glène s'érode progressivement, aboutissant au pincement articulaire, aux ostéophytes (notamment à la partie inférieure de la tête humérale) et à la déformation progressive de l'articulation. Les lésions de la coiffe des rotateurs — fréquentes chez les mêmes patients — aggravent souvent l'évolution en perturbant la cinématique articulaire.

Les formes particulières

L'arthrose acromio-claviculaire (ACo) est distincte de l'omarthrose — elle touche l'articulation entre l'acromion et la clavicule. Elle est très fréquente (signe radiologique banal après 50 ans) et provoque une douleur à la face supérieure de l'épaule, aggravée par le mouvement de croisement (amener la main vers l'épaule opposée). Elle répond bien aux infiltrations locales.

Symptômes et diagnostic différentiel

Symptômes de l'omarthrose

La douleur de l'omarthrose est profonde, diffuse dans l'épaule, aggravée par les mouvements dans toutes les directions (contrairement à la tendinopathie qui donne une douleur sélective à certains mouvements). Une raideur progressive de l'épaule, avec perte des amplitudes en rotation externe et en abduction, est caractéristique. Des craquements et crépitations articulaires sont habituels. Dans les formes avancées, la douleur nocturne en position allongée sur l'épaule devient invalidante.

Distinguer omarthrose et tendinopathie de la coiffe

C'est le principal diagnostic différentiel. La tendinopathie de la coiffe des rotateurs donne un arc douloureux (entre 60° et 120° d'abduction), une douleur sélective lors des tests de force contrariée (abduction = sus-épineux, rotation interne = sous-scapulaire), et une radio normale. L'omarthrose donne une douleur dans toutes les directions, une limitation globale des amplitudes, et une radio anormale avec pincement gléno-huméral.

Les deux peuvent coexister — une coiffe déchirée de longue date est d'ailleurs un facteur de risque d'omarthrose (arthrose excentrique).

Critère Omarthrose Tendinopathie de la coiffe
Type de douleur Profonde, diffuse, toutes directions Superficielle, arc douloureux 60°–120°
Raideur Globale (rotation externe ++) Légère ou absente
Radiographie Pincement gléno-huméral, ostéophytes Souvent normale
Échographie / IRM Cartilage aminci, géodes Tendon épaissi, fissuré ou rompu
Tests de force contrariée Douloureux dans toutes directions Positifs sur un ou deux mouvements spécifiques

Diagnostic : radio, échographie, IRM

La radiographie de l'épaule de face (en rotation neutre, interne et externe) et de profil est l'examen de première intention. Elle montre le pincement de l'interligne gléno-huméral, les ostéophytes inférieurs de la tête humérale, et la déformation de la glène. Elle permet également d'évaluer l'espace sous-acromial (réduit en cas de rupture massive de la coiffe).

L'IRM de l'épaule est indispensable avant toute décision chirurgicale : elle évalue l'état des tendons de la coiffe (intégrité ou ruptures), l'état du cartilage, et la présence d'ostéonécrose associée. L'échographie est utile pour les tendons et guide les infiltrations.

Traitements conservateurs et chirurgicaux

Le traitement médicamenteux

Paracétamol en première intention, AINS en cures courtes pour les poussées inflammatoires. Les méthodes de soulagement de l'arthrose standard s'appliquent : compléments articulaires (glucosamine, chondroïtine, collagène), chaleur locale sur raideur chronique.

La kinésithérapie

Le programme kinésithérapique de l'omarthrose cible le maintien de la mobilité articulaire (travail des amplitudes en rotation externe et abduction) et le renforcement des muscles stabilisateurs (coiffe, muscles périscapulaires). La physiothérapie antalgique (ultrasons, TENS) soulage les douleurs chroniques. La balnéothérapie est très adaptée à l'épaule — la décharge dans l'eau facilite les mobilisations douloureuses.

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Les infiltrations

L'infiltration intra-articulaire gléno-humérale de corticoïdes est réalisée sous guidage échographique ou radiologique. Elle est efficace sur les poussées douloureuses intenses. L'infiltration acromio-claviculaire est plus simple et très efficace pour l'arthrose ACo.

La prothèse d'épaule

Quand le traitement conservateur est insuffisant, plusieurs options chirurgicales existent. La prothèse totale anatomique (remplacement de la tête humérale et de la glène) est indiquée quand la coiffe des rotateurs est intacte ou réparable — excellents résultats à 10 ans (85–90 % de satisfaction). La prothèse inverse (tête et cupule inversées) est indiquée quand la coiffe est massivement détruite — elle utilise les muscles deltioïde et grand dentelé pour compenser. La durée d'hospitalisation est de 3 à 5 jours ; la rééducation s'étend sur 3 à 6 mois.

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En résumé

L'arthrose de l'épaule (omarthrose) se distingue de la tendinopathie de la coiffe par une raideur globale et une douleur dans toutes les directions. La radiographie confirme le pincement gléno-huméral. Le traitement repose sur la kinésithérapie de maintien de la mobilité, les infiltrations pour les poussées, et les compléments articulaires. La prothèse d'épaule — anatomique si la coiffe est intacte, inverse si elle est détruite — donne d'excellents résultats quand le handicap est important.

FAQ — Arthrose de l'épaule

Comment différencier l'arthrose de l'épaule d'une tendinite de la coiffe ?
L'omarthrose donne une douleur profonde et diffuse dans toutes les directions de mouvement, avec une raideur globale de l'épaule — surtout en rotation externe. La tendinopathie de la coiffe donne une douleur sélective lors de certains mouvements spécifiques (arc douloureux entre 60 et 120° d'abduction) et des tests de force contrariée positifs. La radiographie fait la différence : l'arthrose montre un pincement articulaire gléno-huméral et des ostéophytes ; la tendinopathie donne une radio normale. L'IRM ou l'échographie de l'épaule confirment le diagnostic.
L'omarthrose est-elle plus fréquente chez la femme ?
Oui, comme la plupart des formes d'arthrose, l'omarthrose est légèrement plus fréquente chez la femme après la ménopause (sex-ratio d'environ 1,5 femme pour 1 homme). Elle touche plus souvent l'épaule dominante. Les facteurs favorisants incluent les surcharges professionnelles répétées (bras levés, port de charges), les séquelles de pathologies de la coiffe des rotateurs, les antécédents de fractures de l'humérus, et les maladies rhumatismales.
Peut-on faire du sport avec une arthrose de l'épaule ?
Oui, sous conditions. La natation (crawl à adapter pour éviter la rotation interne forcée), le vélo et la marche sont bien tolérés. Le renforcement doux des muscles péri-scapulaires est bénéfique. Les sports avec des mouvements répétitifs au-dessus de la tête (tennis, volley, escalade, haltérophilie) doivent être adaptés ou interrompus en phase douloureuse — ils aggravent les conflits mécaniques intra-articulaires. Un kinésithérapeute spécialisé en épaule peut définir le programme adapté à votre stade.
Quand envisager une prothèse d'épaule pour l'arthrose ?
La prothèse d'épaule est envisagée quand la douleur est invalidante, non contrôlée par le traitement médical depuis 6 à 12 mois, avec une dégradation radiologique sévère et une altération significative de la qualité de vie. L'IRM est indispensable pour évaluer l'état de la coiffe et choisir le type de prothèse : anatomique si la coiffe est intacte, inverse si elle est massivement détruite. Les résultats à 10 ans sont bons avec 85 à 90 % de satisfaction et une réduction majeure de la douleur.