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17 août 2026 · 11 min de lecture · Par Sanofi-Arthrose.fr

Arthrose et plantes : le guide de la phytothérapie naturelle

Comprendre l'arthrose et le rôle de la phytothérapie

Qu'est-ce que l'arthrose ?

L'arthrose est une maladie qui touche vos articulations, c'est-à-dire les zones où deux os se rencontrent (le genou, la hanche, les doigts...). Pour bien comprendre, imaginez le cartilage articulaire comme un coussin lisse et souple qui recouvre l'extrémité de vos os et leur permet de glisser l'un contre l'autre sans frottement, un peu comme la garniture d'un amortisseur. Avec l'arthrose, ce coussin s'use progressivement : il s'amincit, se fissure, et les os finissent par frotter davantage entre eux.

Cette usure entraîne deux conséquences bien connues : l'inflammation, c'est-à-dire une réaction de défense de l'organisme qui provoque gonflement et chaleur locale, et des douleurs articulaires qui s'intensifient souvent à l'effort. En France, l'arthrose concerne environ 10 millions de personnes, principalement après 50 ans. Il ne faut pas la confondre avec l'arthrite : l'arthrose résulte d'une usure mécanique du cartilage, tandis que l'arthrite désigne une inflammation d'origine souvent auto-immune ou infectieuse, qui peut toucher des personnes bien plus jeunes.

Pourquoi se tourner vers les plantes ?

La phytothérapie, c'est-à-dire l'usage thérapeutique des plantes, attire de plus en plus de personnes souffrant d'arthrose en quête de solutions naturelles pour soulager leur quotidien. Certaines plantes comme l'ortie (Urtica dioica), la prêle des champs (Equisetum arvense), l'harpagophytum ou le curcuma sont reconnues pour leurs propriétés d'anti-inflammatoire naturel, utilisables sous forme de tisane, de teinture mère ou de complément alimentaire.

Il est toutefois essentiel de garder à l'esprit que ces plantes accompagnent le traitement médical, elles ne le remplacent jamais. Avant d'envisager un examen d'imagerie pour confirmer le diagnostic d'arthrose, un avis médical reste la première étape indispensable pour adapter ensuite toute cure de phytothérapie à votre situation.

L'ortie, une alliée reconnue contre les douleurs articulaires

Propriétés anti-inflammatoires de l'ortie

Quand on parle d'ortie en phytothérapie, il s'agit précisément de la grande ortie, connue sous son nom scientifique Urtica dioica. Cette plante que beaucoup évitent de toucher dans les jardins renferme en réalité des composés très intéressants pour soulager les douleurs articulaires liées à l'arthrose.

Elle contient des flavonoïdes, des molécules végétales aux propriétés antioxydantes, ainsi que des minéraux (calcium, potassium, fer) et de la silice, un élément qui participe à la solidité des tissus de soutien de l'organisme. Ensemble, ces composés confèrent à l'ortie une action anti-inflammatoire naturelle reconnue : elle aide à limiter les médiateurs responsables du gonflement et de la douleur autour des articulations touchées par l'usure du cartilage articulaire. Autre atout, souvent moins connu : l'ortie possède aussi une action diurétique, c'est-à-dire qu'elle favorise l'élimination de l'eau et des déchets par les reins, ce qui participe indirectement au drainage de l'organisme.

Comment utiliser l'ortie (tisane, gélules, teinture mère)

L'ortie se présente sous plusieurs formes, chacune adaptée à un usage différent. En tisane, comptez une cuillère à soupe de feuilles séchées pour 250 ml d'eau chaude, à raison de 2 à 3 tasses par jour. En complément alimentaire, les gélules dosées entre 300 et 500 mg d'extrait sec offrent une solution plus pratique au quotidien. La teinture mère, un extrait liquide concentré obtenu par macération dans l'alcool, se prend généralement à raison de 20 à 30 gouttes diluées dans un verre d'eau, deux fois par jour.

Pour un avis personnalisé sur les examens permettant de suivre l'évolution de votre arthrose en parallèle d'une cure, vous pouvez consulter ce guide sur les examens d'imagerie de l'arthrose.

Illustration de l'arthrose et de l'usure du cartilage articulaire

La prêle des champs pour reminéraliser et protéger le cartilage

Richesse en silice et minéraux

La prêle des champs (Equisetum arvense) est une plante herbacée reconnaissable à sa tige rigide en forme de petit sapin, que l'on trouve dans les zones humides. Sa particularité tient à sa très forte concentration en silice organique, un minéral qui peut représenter jusqu'à 10 % de son poids sec, soit bien plus que la majorité des autres plantes.

Pour comprendre son intérêt, imaginez le cartilage articulaire comme un coussin protecteur entre vos os, un peu comme la semelle amortissante d'une chaussure de sport. Ce coussin est en grande partie composé de collagène, une protéine qui lui donne sa souplesse et sa résistance. Or la silice agit comme un cofacteur indispensable à la fabrication de ce collagène par l'organisme : sans elle, la structure du cartilage se fragilise plus facilement. En cas d'arthrose, où ce cartilage s'use progressivement, apporter de la silice biodisponible participe donc à un travail de reminéralisation en profondeur, complémentaire à celui de l'ortie (Urtica dioica).

Utilisation et précautions

La forme traditionnelle reste la décoction : comptez environ 2 à 3 cuillères à café de plante séchée pour 250 ml d'eau, à faire bouillir 10 minutes puis infuser 10 minutes supplémentaires, à raison de deux tasses par jour. Les gélules de complément alimentaire standardisées en silice (généralement 300 à 400 mg par prise) offrent une alternative pratique pour ceux qui n'aiment pas le goût assez neutre mais peu agréable de la tisane.

  • Éviter les cures prolongées sans pause chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale.
  • Privilégier des produits standardisés pour garantir un apport régulier en silice active.
  • Demander conseil à un pharmacien avant d'associer la prêle à un traitement diurétique.

Comme pour tout anti-inflammatoire naturel issu de la phytothérapie, la prêle complète une prise en charge médicale de l'arthrose sans jamais la remplacer, notamment pour le suivi de l'évolution du cartilage par imagerie médicale.

Ortie en infusion pour soulager les douleurs articulaires

Autres plantes de phytothérapie efficaces contre l'arthrose

Au-delà de l'ortie et de la prêle, d'autres plantes ont fait leurs preuves pour soulager les douleurs articulaires liées à l'arthrose. Chacune agit un peu différemment, mais toutes partagent un point commun : elles aident l'organisme à réduire l'inflammation, ce mécanisme naturel de défense qui, lorsqu'il devient chronique, abîme le cartilage articulaire.

Harpagophytum

Surnommée "griffe du diable" à cause de la forme de ses fruits couverts de petits crochets, cette plante originaire d'Afrique australe est l'une des plus étudiées en phytothérapie pour l'arthrose. Elle contient des harpagosides, des substances qui freinent la production de molécules inflammatoires dans l'organisme. Concrètement, elle s'utilise souvent en gélules ou en complément alimentaire, à raison de 1 à 3 grammes de racine séchée par jour selon les préparations.

Curcuma et gingembre

Le curcuma, cette épice orange que vous connaissez peut-être dans le curry, doit son action à la curcumine, un antioxydant puissant qui limite les dégâts causés par l'inflammation sur les tissus articulaires. Le gingembre agit de façon complémentaire, en atténuant la douleur ressentie. Associés dans une tisane ou pris en extrait standardisé, ils forment un duo souvent recommandé en cure de plusieurs semaines.

Cassis et reine-des-prés

Le cassis possède des propriétés anti-inflammatoires naturelles comparables, à certains égards, à celles de médicaments classiques, mais sans leurs effets secondaires digestifs. La reine-des-prés, elle, contient des composés proches de l'aspirine, ce qui en fait un allié reconnu contre les douleurs. Enfin, le boswellia, une résine extraite d'un arbre indien, complète souvent ces associations grâce à son action ciblée sur l'inflammation articulaire.

Pour aller plus loin sur les approches naturelles complémentaires, la question de la réglementation du CBD contre la douleur en France mérite d'être clarifiée avant tout usage.

Prêle des champs riche en silice pour les articulations

Comment associer ortie et prêle en cure naturelle

L'ortie (Urtica dioica) et la prêle des champs (Equisetum arvense) fonctionnent en tandem plutôt qu'en concurrence. Imaginez ces deux plantes comme deux ouvriers sur un même chantier : l'une calme le feu de l'inflammation, l'autre apporte les matériaux de reconstruction. Ensemble, elles agissent sur deux fronts complémentaires du cartilage articulaire abîmé par l'arthrose.

Exemple de protocole de cure

Un protocole simple pour débuter consiste à infuser une cuillère à café de feuilles d'ortie séchées et une cuillère à café de prêle dans 250 ml d'eau chaude, pendant 10 minutes, à raison de deux tasses par jour (matin et soir). Pour ceux qui préfèrent éviter le goût prononcé de ces plantes, la tisane peut être remplacée par des gélules associant les deux extraits, ou par une teinture mère diluée dans un peu d'eau avant les repas. Cette synergie peut s'enrichir d'harpagophytum ou de curcuma si les douleurs sont particulièrement marquées, ces deux plantes renforçant l'effet anti-inflammatoire naturel de l'ensemble.

Dosages et durée recommandés

Une cure classique dure entre 3 et 6 semaines, ce qui laisse le temps à la silice organique de la prêle de soutenir la synthèse de collagène dans les tissus articulaires. Comptez environ 2 à 3 g de plante sèche par tasse pour la tisane, ou suivez le dosage indiqué sur l'emballage si vous optez pour un complément alimentaire tout prêt. Il est conseillé de faire une pause d'une à deux semaines entre deux cures, le temps que l'organisme intègre les bienfaits de cette phytothérapie avant de reprendre si nécessaire.

Plantes de phytothérapie anti-inflammatoires pour l'arthrose

Précautions d'emploi et interactions à connaître

Une plante reste un principe actif, au même titre qu'un médicament : elle agit sur votre corps, et peut donc, dans certains cas, poser problème. Avant toute cure de phytothérapie contre l'arthrose, il est essentiel de connaître les situations où l'ortie, la prêle ou l'harpagophytum sont déconseillés.

La grossesse et l'allaitement figurent parmi les principales contre-indications : de nombreuses plantes utilisées comme anti-inflammatoire naturel n'ont pas été suffisamment étudiées chez la femme enceinte, et certaines peuvent stimuler l'utérus ou passer dans le lait maternel. L'insuffisance rénale mérite également une attention particulière : la prêle des champs, très riche en silice organique et en minéraux, a un effet diurétique qui sollicite les reins, un organe déjà fragilisé dans ce cas.

Les personnes sous anticoagulants doivent être prudentes avec l'harpagophytum et le curcuma, car ces plantes peuvent renforcer l'effet fluidifiant du traitement et augmenter le risque de saignement. Concrètement, cela signifie qu'un simple bleu peut devenir un hématome plus important, ou qu'une petite coupure met plus de temps à cicatriser. La reine-des-prés, proche chimiquement de l'aspirine, est quant à elle déconseillée en cas d'allergie aux salicylés.

Voici les points de vigilance à retenir avant de démarrer une cure :

  • Signaler tout traitement en cours (anticoagulants, anti-inflammatoires, diurétiques) à votre médecin ou pharmacien
  • Respecter les dosages indiqués sur le complément alimentaire, en gélules comme en teinture mère
  • Éviter l'automédication en cas de grossesse, d'allaitement ou de maladie rénale
  • Demander un avis médical avant toute cure, surtout si vous prenez déjà un traitement pour l'arthrose

Un simple examen d'imagerie peut d'ailleurs aider votre médecin à évaluer précisément l'état de votre cartilage articulaire avant de vous orienter vers la solution la plus adaptée : radiographie, IRM ou scanner, quel examen privilégier ?

Cure naturelle associant ortie et prêle contre l'arthrose

Conclusion : la phytothérapie en complément d'une approche globale

Vous avez maintenant les bases pour comprendre comment des plantes comme l'ortie, la prêle des champs ou l'harpagophytum peuvent soulager les douleurs articulaires liées à l'arthrose. Retenez toutefois un point essentiel : ces remèdes naturels agissent sur les symptômes, pas sur la cause. Une tisane d'ortie ou une cure de silice organique ne régénère pas un cartilage articulaire détruit, elle en freine l'usure et apaise l'inflammation. C'est une nuance importante : la phytothérapie reste un soutien, jamais un substitut au suivi de votre médecin ou de votre rhumatologue.

Imaginez votre articulation comme une charnière de porte qui grince : un lubrifiant naturel calme le bruit et le frottement, mais si les gonds sont tordus, il faudra aussi agir sur la structure elle-même. C'est exactement le rôle des plantes : elles huilent le mécanisme pendant que d'autres leviers travaillent en profondeur.

Pour de vrais résultats, associez trois piliers complémentaires :

  • Une alimentation anti-inflammatoire : privilégiez oméga-3 (poissons gras), fruits et légumes colorés, en limitant sucres raffinés et charcuteries.
  • Une activité physique adaptée : 20 à 30 minutes de marche, natation ou vélo, plusieurs fois par semaine, pour entretenir la mobilité sans agresser l'articulation.
  • Une phytothérapie ciblée : ortie, prêle, curcuma ou boswellia en complément alimentaire ou en teinture mère, sur des cures de quelques semaines.

C'est cette combinaison, et non une seule solution miracle, qui permet de mieux vivre au quotidien avec l'arthrose.

Questions fréquentes

L'ortie est-elle vraiment efficace contre l'arthrose ?

Oui, mais de façon modérée : l'ortie piquante est reconnue en phytothérapie (la médecine par les plantes) pour ses propriétés anti-inflammatoires. Riche en minéraux et en silice, elle aide à calmer les douleurs articulaires liées à l'arthrose. Elle soulage les symptômes sans réparer le cartilage abîmé : à utiliser en complément d'un suivi médical, jamais en remplacement.

Comment utiliser la prêle pour les articulations ?

La prêle des champs s'utilise surtout en infusion : une cuillère à café de plante séchée dans l'eau chaude, à laisser infuser dix minutes, deux à trois fois par jour. Riche en silice, un minéral qui soutient les tissus, elle aide à régénérer le cartilage. Elle existe aussi en gélules ou en extrait liquide pour plus de simplicité au quotidien.

Peut-on associer ortie et prêle en cure ?

Oui, c'est même une association classique en phytothérapie. L'ortie calme l'inflammation pendant que la prêle reminéralise et nourrit le cartilage, un peu comme deux ingrédients complémentaires dans une même recette. On les combine en tisane mélangée ou en gélules prises ensemble, sur plusieurs semaines, pour une action plus complète sur les articulations.

Quelles sont les contre-indications de l'ortie et de la prêle ?

Ces deux plantes sont déconseillées aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu'en cas d'insuffisance rénale ou cardiaque, car elles augmentent l'élimination d'eau par les reins. L'ortie peut aussi interagir avec certains anticoagulants (médicaments qui fluidifient le sang). Si vous suivez un traitement ou avez un doute, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien avant toute cure.

Combien de temps dure une cure de phytothérapie pour l'arthrose ?

Comptez en général trois à six semaines, suivies d'une pause d'une à deux semaines avant de recommencer si besoin. Contrairement à un médicament chimique qui agit vite, la phytothérapie demande du temps pour montrer ses effets en profondeur. L'arthrose étant une maladie chronique, des cures répétées sur plusieurs mois donnent souvent de meilleurs résultats qu'une cure isolée.

Quelle plante est la plus efficace contre l'arthrose ?

Il n'existe pas de plante miracle unique, mais l'harpagophytum, aussi appelé griffe du diable, est la plus étudiée pour son action anti-inflammatoire marquée, un peu comme un dérouillage facilité le matin. L'ortie et la prêle complètent bien son action en reminéralisant l'organisme. Le mieux reste souvent d'associer plusieurs plantes selon vos symptômes et votre profil.