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18 juillet 2026 · 11 min de lecture · Par Sanofi-Arthrose.fr

Arthrose Primaire vs Secondaire : Comprendre la Classification

Qu'est-ce que l'arthrose et pourquoi la classifier ?

Définition médicale de l'arthrose

Imaginez le cartilage articulaire comme le coussin de protection qui recouvre l'extrémité de vos os et leur permet de glisser l'un contre l'autre sans frottement, un peu comme le patin d'une chaussure de ski sur la neige. L'arthrose correspond à l'usure progressive de ce cartilage : il s'amincit, se fissure, puis disparaît par endroits, ce qui provoque douleur et raideur au niveau de l'articulation touchée.

Sur une radiographie, cette usure se traduit par deux signes caractéristiques : le pincement articulaire (l'espace entre les deux os se réduit, car le cartilage qui les séparait s'est amenuisé) et les ostéophytes, ces petites excroissances osseuses qui se forment sur les bords de l'articulation, comme si l'os tentait de compenser la perte de sa protection naturelle.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'arthrose touche environ 10 % de la population mondiale adulte, et en France, on estime que près de 10 millions de personnes en souffrent, avec une nette augmentation après 50 ans.

Pourquoi distinguer primaire et secondaire ?

Face à une arthrose, les médecins cherchent toujours à en comprendre l'étiologie, c'est-à-dire l'origine ou la cause précise. Cette recherche permet de distinguer deux grandes familles : l'arthrose primitive, qui survient sans cause identifiable clairement, et l'arthrose secondaire, déclenchée par un événement ou une maladie repérable comme un traumatisme articulaire ou une dysplasie de hanche.

Cette distinction n'est pas qu'un exercice académique : elle conditionne directement la prise en charge. Traiter uniquement les symptômes d'une polyarthrose liée à une chondrocalcinose non détectée, par exemple, reviendrait à ignorer la cause réelle du problème. C'est pourquoi les outils comme la classification de Kellgren-Lawrence existent : ils aident à objectiver la sévérité et à orienter le bon parcours de soins, y compris pour adapter le quotidien via des exercices simples de prévention.

Schéma illustrant l'arthrose et le cartilage articulaire

Arthrose primaire : définition, causes et caractéristiques

L'arthrose primaire, aussi appelée arthrose primitive, désigne une usure du cartilage articulaire qui survient sans cause précise identifiable. Contrairement à l'arthrose secondaire, où l'on retrouve un événement déclencheur comme un traumatisme articulaire, l'arthrose primitive résulte d'un vieillissement naturel des tissus. Le cartilage, ce tissu lisse et souple qui recouvre les extrémités osseuses pour permettre un glissement sans friction, perd progressivement sa capacité à se régénérer avec l'âge, un peu comme un pneu qui s'use après des milliers de kilomètres sans qu'aucun choc précis n'en soit responsable.

Facteurs de risque de l'arthrose primitive

Plusieurs facteurs de risque favorisent l'apparition de cette forme d'arthrose. L'âge reste le premier d'entre eux : après 65 ans, plus de 65 % des personnes présentent des signes radiologiques d'arthrose, même sans douleur ressentie. La prédisposition génétique joue aussi un rôle important, notamment pour la polyarthrose digitale, qui touche préférentiellement les femmes après la ménopause au sein d'une même famille. Le surpoids accélère également l'usure en augmentant les contraintes mécaniques sur les articulations porteuses.

Localisations fréquentes (genou, hanche, mains)

L'arthrose primitive touche préférentiellement certaines zones. La gonarthrose (genou) et la coxarthrose (hanche) figurent parmi les localisations les plus courantes, aux côtés des mains où la polyarthrose digitale déforme peu à peu les articulations des doigts. Ces atteintes se traduisent souvent par des ostéophytes (petites excroissances osseuses) et un pincement articulaire visibles à la radiographie. Pour mieux comprendre les atteintes spécifiques aux extrémités, vous pouvez consulter cet article sur l'arthrose du poignet et des doigts.

Arthrose secondaire : causes et facteurs déclenchants

Contrairement à l'arthrose primitive, l'arthrose secondaire possède une origine que l'on peut identifier précisément. Autrement dit, un événement ou une maladie précis a abîmé le cartilage articulaire — ce tissu lisse et résistant qui recouvre les extrémités des os et leur permet de glisser sans frottement, un peu comme le revêtement antiadhésif d'une poêle qui s'use avec le temps et les chocs.

Traumatismes et malformations articulaires

Le traumatisme articulaire est l'une des causes les plus fréquentes : une fracture mal consolidée, une rupture de ligament croisé ou une entorse grave modifient la répartition des forces dans l'articulation. Résultat, le cartilage s'use de manière prématurée et localisée, parfois dès 30 ou 40 ans, bien avant l'âge habituel de l'arthrose primitive.

La dysplasie de hanche illustre un autre mécanisme : il s'agit d'une malformation congénitale où l'articulation de la hanche s'emboîte imparfaitement, comme une pièce de puzzle légèrement décalée. Cette usure inégale favorise à terme une coxarthrose, l'arthrose de la hanche. Les sportifs pratiquant des mouvements répétitifs à fort impact restent également exposés ; pour limiter ce risque, des exercices en piscine adaptés ménagent les articulations tout en préservant la mobilité.

Maladies métaboliques et inflammatoires associées

D'autres causes relèvent de désordres internes à l'organisme. La chondrocalcinose, un dépôt de cristaux de calcium dans le cartilage, l'obésité, qui surcharge mécaniquement les genoux, ou encore des maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent toutes déclencher une arthrose secondaire.

Deux désordres métaboliques méritent d'être cités : l'hémochromatose, un excès de fer dans le sang qui endommage les tissus articulaires, et la goutte, liée à une accumulation d'acide urique. Dans tous ces cas, traiter la cause sous-jacente devient aussi important que soulager la douleur.

Illustration des causes de l'arthrose secondaire liées aux traumatismes

Les critères de classification de l'arthrose

Pour s'y retrouver face à une maladie aussi fréquente, les rhumatologues s'appuient sur plusieurs grilles de lecture complémentaires. Chacune répond à une question différente : pourquoi la maladie est apparue, à quel stade elle en est, et où elle se situe dans le corps.

Classification étiologique

L'étiologie, c'est simplement l'ensemble des causes d'une maladie. Sur ce critère, on distingue l'arthrose primitive (aucune cause déclenchante retrouvée, liée à l'usure et à la prédisposition génétique) de l'arthrose secondaire, provoquée par un traumatisme articulaire, une dysplasie de hanche ou une chondrocalcinose par exemple.

Classification radiologique de Kellgren-Lawrence

La classification de Kellgren-Lawrence mesure la sévérité visible sur une radiographie, un peu comme on graduerait l'usure des pneus d'une voiture. Elle va du stade 0 (aucune anomalie) au stade 4 (arthrose sévère), en passant par l'apparition progressive d'ostéophytes (petites excroissances osseuses) puis d'un pincement articulaire, signe que le cartilage articulaire s'amincit. Ce système reste la référence mondiale depuis les années 1950.

Classification anatomique

Elle repose simplement sur l'articulation touchée : gonarthrose pour le genou, coxarthrose pour la hanche, ou polyarthrose quand plusieurs articulations des mains sont atteintes simultanément. Pour les localisations moins connues, comme le poignet, les différences entre arthrose du poignet et du doigt méritent d'être précisées, car les causes varient sensiblement.

En résumé : l'étiologie explique le pourquoi, Kellgren-Lawrence indique le degré, et la localisation anatomique nomme la zone touchée.

Diagnostic différentiel entre arthrose primaire et secondaire

Examen clinique et anamnèse

Face à une articulation douloureuse, le médecin commence toujours par l'anamnèse, c'est-à-dire l'interrogatoire détaillé du patient sur son histoire médicale. Il cherche à savoir si vous avez déjà subi un traumatisme articulaire (fracture, entorse grave, chirurgie du genou), si un membre de votre famille souffre d'arthrose précoce, ou si vous présentez une maladie connue comme le diabète ou une pathologie inflammatoire. Ces questions permettent d'orienter d'emblée vers une étiologie précise, c'est-à-dire une cause identifiable, plutôt que vers une arthrose primitive liée simplement au vieillissement.

L'examen clinique complète ensuite cet interrogatoire : le praticien palpe l'articulation, évalue son amplitude de mouvement, recherche un gonflement ou une déformation. Un âge de survenue précoce, avant 50 ans, ou une atteinte asymétrique (un seul genou touché par exemple) oriente davantage vers une cause secondaire, comme une dysplasie de hanche mal corrigée dans l'enfance.

Imagerie médicale (radiographie, IRM)

La radiographie reste l'examen de référence. Elle révèle deux signes caractéristiques de l'arthrose : le pincement articulaire (l'espace entre les os se réduit car le cartilage articulaire s'use) et les ostéophytes, ces petites excroissances osseuses qui se forment en périphérie de l'articulation, un peu comme des callosités osseuses. Ces images sont classées selon la classification de Kellgren-Lawrence, détaillée dans la section précédente.

Quand l'origine reste incertaine, l'IRM apporte des précisions sur les tissus mous, et un bilan sanguin recherche une chondrocalcinose ou un trouble métabolique. Pour la polyarthrose des mains, ce parcours diffère légèrement : découvrez les différences entre arthrose du poignet et du doigt pour mieux comprendre ces localisations spécifiques.

Illustration des stades de classification radiologique de l'arthrose

Implications pour le traitement selon le type d'arthrose

Une fois l'étiologie — c'est-à-dire la cause — identifiée, le traitement ne suit plus le même chemin selon qu'il s'agit d'une arthrose primitive ou d'une arthrose secondaire. Cette distinction n'est donc pas qu'un exercice de classification médicale : elle conditionne directement les décisions prises avec votre médecin.

Prise en charge de la cause sous-jacente

Face à une arthrose secondaire, la priorité est de traiter ou de contrôler la cause identifiée. Par exemple, une chondrocalcinose (dépôts de cristaux dans l'articulation) nécessite un suivi métabolique spécifique, tandis qu'une dysplasie de hanche mal formée depuis l'enfance peut justifier une correction chirurgicale pour rééquilibrer les contraintes mécaniques. De même, en cas de maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde, stabiliser l'inflammation ralentit la dégradation du cartilage articulaire. Sans ce traitement de fond, l'usure continue même si l'on soulage la douleur.

Traitements symptomatiques communs

Pour l'arthrose primitive, sans cause curable, la stratégie vise avant tout à réduire les symptômes et préserver la mobilité. Cela repasse par des antalgiques adaptés au stade de la douleur, une kinésithérapie régulière pour renforcer les muscles autour de l'articulation, et parfois une chirurgie (prothèse de hanche ou de genou) lorsque le pincement articulaire et les ostéophytes visibles à l'imagerie deviennent trop invalidants. Ces mesures s'appliquent aussi en complément du traitement causal dans l'arthrose secondaire. L'activité physique douce, comme les exercices en piscine adaptés à l'arthrose, aide à limiter la raideur sans agresser l'articulation, quelle que soit l'origine de la gonarthrose ou de la coxarthrose.

En résumé, retenez cette logique simple : on traite la cause quand elle existe, et l'on soulage les symptômes dans tous les cas.

Conclusion : retenir l'essentiel sur la classification de l'arthrose

Vous avez maintenant les clés pour comprendre pourquoi votre rhumatologue ne se contente jamais de dire "vous avez de l'arthrose". Une arthrose primitive apparaît sans cause précise, portée par l'âge et la prédisposition génétique : c'est le cas de la majorité des gonarthroses (genou) et coxarthroses (hanche) diagnostiquées après 60 ans. Une arthrose secondaire, elle, découle d'un événement identifiable : traumatisme articulaire, dysplasie de hanche, chondrocalcinose ou maladie inflammatoire.

Cette distinction n'est pas un détail de vocabulaire médical réservé aux spécialistes. Elle conditionne directement votre prise en charge : traiter la cause quand c'est possible (opérer une dysplasie, équilibrer un désordre métabolique) ou concentrer les efforts sur le soulagement des symptômes et la préservation du cartilage articulaire restant. La classification de Kellgren-Lawrence, qui mesure le pincement articulaire et la présence d'ostéophytes sur une radiographie, vient ensuite affiner le stade de la maladie, quelle que soit son étiologie.

Retenez surtout ceci : plus le diagnostic est posé tôt et précisément, plus les options thérapeutiques restent nombreuses. Un genou douloureux depuis quelques semaines après une chute n'appelle pas la même réponse qu'une polyarthrose des mains apparue progressivement chez une personne dont la mère en souffrait déjà. Si vous ressentez des douleurs articulaires persistantes, ne devinez pas : consultez un rhumatologue, qui saura identifier les facteurs de risque en jeu et construire avec vous une stratégie adaptée, y compris pour mieux gérer le quotidien, par exemple les douleurs articulaires qui perturbent le sommeil.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre arthrose primaire et secondaire ?

L'arthrose primaire apparaît sans cause identifiée, simplement liée à l'usure naturelle du cartilage avec l'âge. L'arthrose secondaire, elle, résulte d'une cause précise : traumatisme, malformation articulaire ou maladie. Imaginez une chaussure qui s'use avec le temps (primaire) contre une chaussure abîmée par un accident (secondaire). Le mécanisme final est identique, mais l'origine diffère.

Quelles sont les causes principales de l'arthrose secondaire ?

Les causes principales sont les traumatismes articulaires (fractures, entorses graves), les malformations congénitales, l'obésité, certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite, ou des troubles métaboliques. Contrairement à l'arthrose primaire, on identifie ici un facteur déclencheur clair. C'est comme un pneu crevé par un clou : la cause est visible, alors que l'usure normale n'a pas d'origine unique désignable.

Comment diagnostique-t-on une arthrose primaire ?

Le diagnostic repose sur l'examen clinique du médecin (douleur, raideur) associé à une radiographie montrant un pincement de l'articulation, sans cause sous-jacente identifiée. Le pincement articulaire correspond à la réduction de l'espace entre les os, signe d'usure du cartilage. Le médecin élimine d'abord les causes secondaires avant de conclure à une arthrose primaire, un peu comme un diagnostic d'exclusion.

Qu'est-ce que la classification de Kellgren-Lawrence ?

La classification de Kellgren-Lawrence est un système qui évalue la sévérité de l'arthrose sur une échelle de 0 à 4 grâce aux radiographies. Le grade 0 signifie une articulation saine, le grade 4 une arthrose sévère avec déformation osseuse. C'est comme une jauge d'usure : plus le chiffre est élevé, plus le cartilage et l'os sont abîmés.

L'arthrose primaire est-elle héréditaire ?

Oui, l'hérédité joue un rôle reconnu dans l'arthrose primaire, surtout pour les mains et les genoux. Si vos parents en souffrent, votre risque augmente, sans que cela soit une certitude absolue. Pensez-y comme à une prédisposition, un terrain favorable, mais pas une fatalité : d'autres facteurs comme le poids ou l'activité physique influencent aussi son apparition.

Quel traitement privilégier selon le type d'arthrose ?

Pour l'arthrose primaire, on privilégie d'abord des mesures générales : activité physique adaptée, perte de poids, antalgiques. Pour l'arthrose secondaire, le traitement cible aussi la cause initiale, comme corriger une malformation ou traiter une maladie inflammatoire. C'est comme réparer une fuite : il faut soulager la douleur, mais aussi traiter la source du problème quand elle existe.