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18 août 2026 · 12 min de lecture · Par Sanofi-Arthrose.fr

Arthrose : combien rembourse la Sécu et votre mutuelle ?

Arthrose : ce que la Sécurité sociale et la mutuelle prennent réellement en charge

L'arthrose correspond à l'usure progressive du cartilage, ce tissu souple qui recouvre les extrémités des os et amortit les frottements au niveau des articulations. Avec le temps, ce cartilage s'amincit, ce qui provoque douleurs, raideurs et parfois des difficultés à se déplacer. C'est une maladie chronique, c'est-à-dire durable et évolutive, qui touche particulièrement les personnes de plus de 50 ans, au niveau des genoux, des hanches, des mains ou de la colonne vertébrale.

Parce qu'elle s'installe sur plusieurs années, l'arthrose entraîne des dépenses de santé qui s'accumulent : consultations régulières, médicaments, séances de kinésithérapie, examens d'imagerie, et parfois une opération pour poser une prothèse. Sans bonne compréhension des remboursements, le reste à charge (la somme qui reste à payer une fois les remboursements effectués) peut vite peser sur le budget.

Deux acteurs interviennent pour limiter cette charge financière. D'abord l'Assurance Maladie, c'est-à-dire la Sécurité sociale, qui rembourse une partie des soins selon un taux de remboursement appliqué à une base de remboursement officielle. Ensuite votre mutuelle santé, qui complète tout ou partie de ce qui reste dû.

Ce niveau de prise en charge varie fortement selon que vous êtes reconnu ou non en affection longue durée (ALD), un statut accordé pour les maladies graves ou invalidantes. Dans les sections suivantes, nous détaillons concrètement ce qui est remboursé pour les consultations, les médicaments, les examens, la kinésithérapie et les prothèses de hanche ou de genou.

Illustration de l'arthrose et du suivi médical remboursé

Remboursement des consultations médicales pour l'arthrose

Avant de parler de médicaments ou de prothèses, commençons par la base : la consultation chez le médecin. C'est le point de départ de tout parcours de soins, et son remboursement obéit à une règle simple que vous allez rapidement maîtriser.

Médecin généraliste vs rhumatologue

L'Assurance Maladie, c'est-à-dire la Sécurité sociale, rembourse les consultations médicales à hauteur de 70% de la base de remboursement. Cette base est un tarif de référence fixé pour chaque acte : par exemple, une consultation chez un généraliste en secteur 1 est basée sur 26,50 €, donc remboursée 18,55 €. La partie restante, soit les 30% non couverts, porte un nom : le ticket modérateur, une somme qui reste théoriquement à votre charge.

Pour une consultation chez le rhumatologue, spécialiste des articulations et donc de l'arthrose, le principe est identique, mais la base de remboursement est plus élevée (autour de 30 à 50 € selon le secteur). C'est votre mutuelle santé qui prend habituellement en charge ce ticket modérateur, réduisant ainsi votre reste à charge à zéro ou presque.

Parcours de soins coordonnés et dépassements d'honoraires

Le parcours de soins coordonnés consiste à consulter d'abord votre médecin traitant, qui vous oriente ensuite vers un rhumatologue si besoin. Le respecter, c'est un peu comme suivre un itinéraire balisé : vous êtes remboursé normalement. Le contourner, en consultant directement un spécialiste sans passer par cette étape, fait chuter le taux de remboursement à seulement 30% de la base, contre 70% habituellement.

Autre point à surveiller : les dépassements d'honoraires pratiqués par certains rhumatologues en secteur 2. Ces montants supplémentaires ne sont jamais remboursés par la Sécurité sociale ; seule une mutuelle bien dotée peut les couvrir, partiellement ou en totalité selon votre contrat.

Arthrose et Affection Longue Durée (ALD) : remboursement à 100% ?

Conditions pour être reconnu en ALD

Une affection longue durée (ALD) est une maladie grave et chronique qui nécessite un traitement long et coûteux. L'arthrose ne fait pas partie de la liste des 30 maladies reconnues automatiquement en ALD, mais elle peut tout de même y être admise dans un cas particulier : on parle alors d'ALD « hors liste ».

Concrètement, si votre arthrose est sévère, invalidante au quotidien et nécessite des soins réguliers sur plus de six mois, votre médecin traitant peut constituer un dossier auprès de l'Assurance Maladie. C'est le médecin-conseil de la Sécurité sociale qui étudie ensuite la demande et décide, ou non, d'accorder ce statut protecteur.

Ce que couvre exactement l'exonération du ticket modérateur

Une fois l'ALD accordée, l'Assurance Maladie supprime le ticket modérateur, c'est-à-dire la part des soins normalement laissée à votre charge après remboursement. En pratique, cela signifie une prise en charge à 100% de la base de remboursement pour les consultations, examens et médicaments directement liés à votre arthrose.

Attention toutefois : ce 100% a des limites. Il ne couvre ni le forfait hospitalier (environ 20 euros par jour lors d'une hospitalisation, par exemple pour la pose d'une prothèse de genou), ni les dépassements d'honoraires pratiqués par certains rhumatologues. Ces frais restent à votre charge, sauf si votre mutuelle santé les couvre.

C'est pourquoi conserver une bonne mutuelle reste utile même en ALD : elle complète le remboursement là où la Sécurité sociale s'arrête, réduisant ainsi votre reste à charge réel.

Remboursement des médicaments et traitements contre l'arthrose

Une fois le diagnostic posé, votre médecin ou votre rhumatologue vous prescrit généralement un traitement pour soulager la douleur. Mais tous les médicaments ne sont pas remboursés de la même façon : l'Assurance Maladie applique un taux différent selon ce qu'on appelle le service médical rendu (SMR), c'est-à-dire l'utilité réelle du médicament jugée par les autorités de santé. Plus ce service est jugé important, plus le remboursement est élevé.

Antalgiques et anti-inflammatoires (AINS)

Le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) prescrits sur ordonnance sont remboursés à 65% de leur base de remboursement, qui correspond au prix de référence fixé par la Sécurité sociale. Certains traitements jugés moins indispensables tombent à 30%, voire à 15% pour les médicaments à service médical rendu faible. Dans tous les cas, le ticket modérateur (la part restant après le remboursement de la Sécu) est en principe pris en charge par votre mutuelle santé.

Infiltrations et viscosupplémentation

Quand les médicaments ne suffisent plus, votre médecin peut proposer une infiltration directement dans l'articulation. Les infiltrations de corticoïdes sont remboursées comme un acte médical classique, selon le tarif conventionnel. En revanche, la viscosupplémentation — une injection d'acide hyaluronique qui vise à "lubrifier" l'articulation comme on huilerait un rouage grippé — n'est généralement pas prise en charge par la Sécurité sociale, sauf exceptions ponctuelles.

Compléments alimentaires : hors remboursement

La glucosamine et la chondroïtine, souvent proposées en pharmacie, sont considérées comme des compléments alimentaires et non comme des médicaments. Elles restent donc intégralement à votre charge, sauf si votre mutuelle propose un forfait spécifique dédié à ce type de dépense.

Médicaments et infiltrations pour l'arthrose et leur remboursement

Radios, IRM et séances de kinésithérapie : quelle prise en charge ?

Examens d'imagerie médicale

Face à une douleur articulaire persistante, votre médecin peut prescrire une radiographie ou une IRM (imagerie par résonance magnétique, un examen qui donne une image détaillée des tissus mous et du cartilage). Ces examens sont remboursés à 70% de la base de remboursement par l'Assurance Maladie, à condition qu'ils soient prescrits par un médecin et réalisés dans un cadre respectant le parcours de soins coordonnés.

Concrètement, si une radio du genou est facturée 30 euros sur la base retenue par la Sécurité sociale, vous recevez 21 euros de remboursement, et les 9 euros restants constituent le ticket modérateur, c'est-à-dire la part qui reste à votre charge avant intervention de la mutuelle santé. Un rhumatologue, spécialiste des maladies articulaires, peut aussi orienter vers le bon examen selon le stade de votre arthrose. Pour bien comprendre les différences entre ces examens, vous pouvez consulter ce guide sur le choix entre radiographie, IRM et scanner.

Nombre de séances de kiné remboursées

La kinésithérapie, c'est-à-dire la rééducation par le mouvement et les massages thérapeutiques, joue un rôle central dans la gestion de l'arthrose. Chaque séance prescrite est remboursée à 60% de la base de remboursement fixée par la Sécurité sociale, le reste étant pris en charge par votre mutuelle si votre contrat le prévoit.

Pour les traitements longs, appelés cures de kinésithérapie, une entente préalable est parfois nécessaire : c'est un accord que votre caisse d'Assurance Maladie doit valider avant de rembourser un nombre élevé de séances. Sans cette démarche, le remboursement peut être refusé au-delà d'un certain seuil. C'est pourquoi il est utile de vérifier, dans votre contrat de mutuelle, l'existence d'un forfait annuel dédié aux médecines douces ou à la kinésithérapie, qui vient compléter la base de remboursement et réduire votre reste à charge.

Prothèse de hanche ou de genou : remboursement Sécu et mutuelle

Coût moyen d'une pose de prothèse articulaire

Quand l'arthrose a rongé le cartilage au point que l'articulation ne joue plus son rôle, le chirurgien peut proposer de la remplacer par une prothèse, un implant artificiel qui reproduit le mouvement de l'articulation. C'est une opération lourde, et son coût l'est tout autant : comptez généralement entre 8 000 et 13 000 euros pour une prothèse de hanche, et un montant assez proche pour une prothèse de genou, en incluant l'intervention, l'hospitalisation et le matériel.

Face à une telle somme, il est normal de s'inquiéter du reste à charge, c'est-à-dire la part des frais qui reste à payer une fois les remboursements effectués.

Reste à charge et rôle du 100% Santé

En hospitalisation classique, l'Assurance Maladie rembourse 80% de la base de remboursement (le tarif de référence fixé par la Sécurité sociale) pour ce type d'intervention chirurgicale. Si votre arthrose est reconnue en affection longue durée, ce taux grimpe à 100%, ce qui allège considérablement la facture liée directement à votre pathologie.

Attention toutefois : même en ALD, le forfait hospitalier, c'est-à-dire la participation forfaitaire aux frais d'hébergement à l'hôpital (environ 20 euros par jour), reste à votre charge et n'est pas couvert par la Sécurité sociale. C'est justement le rôle d'une bonne mutuelle santé de le prendre en charge, tout comme les éventuels dépassements d'honoraires du chirurgien si vous êtes opéré en clinique privée par un praticien en secteur 2. Le dispositif 100% Santé, lui, s'applique surtout aux prothèses auditives, dentaires et optiques, mais pas aux prothèses articulaires : d'où l'intérêt de bien vérifier ce poste dans votre contrat de complémentaire.

Prothèse de hanche et remboursement de la chirurgie de l'arthrose

Comment bien choisir sa mutuelle quand on souffre d'arthrose

Face à une arthrose qui s'installe dans la durée, tous les contrats de mutuelle santé ne se valent pas. Pour choisir sereinement, il faut savoir lire les garanties comme un menu de restaurant : chaque ligne correspond à un poste de dépense précis, et c'est leur addition qui déterminera votre reste à charge final.

Garanties clés à vérifier (hospitalisation, kiné, appareillage)

Premier réflexe : regarder le niveau de garantie « hospitalisation ». Une bonne mutuelle prend en charge le forfait hospitalier (environ 20 euros par jour) et limite les dépassements d'honoraires en cas de pose de prothèse de genou ou de prothèse de hanche en clinique privée.

Vérifiez ensuite le forfait « médecines douces » : certains contrats remboursent quelques séances d'ostéopathie ou de kinésithérapie supplémentaires au-delà de ce que rembourse l'Assurance Maladie. Enfin, l'appareillage orthopédique (genouillères, semelles, cannes) mérite votre attention, car la Sécurité sociale ne couvre souvent qu'une base modeste.

Cas des seniors et contrats spécifiques

Après 50 ans, l'arthrose touche un nombre croissant de personnes : mieux vaut donc éviter les délais de carence, cette période d'attente pendant laquelle vous cotisez sans être remboursé. Privilégiez les contrats « seniors » sans délai de carence sur les postes orthopédie et hospitalisation, quitte à payer une cotisation légèrement plus élevée.

Pour approfondir un poste de dépense souvent oublié, consultez ce guide pour bien choisir ses chaussures et semelles orthopédiques, utile pour anticiper ce que votre mutuelle devra couvrir.

Choisir sa mutuelle pour mieux rembourser l'arthrose

En résumé : optimiser le remboursement de son arthrose

Vous l'avez vu tout au long de cet article : le remboursement de l'arthrose repose sur un empilement de règles, mais trois leviers concrets permettent de réduire nettement votre reste à charge, c'est-à-dire la somme qui reste à payer une fois l'Assurance Maladie et la mutuelle passées.

Premier réflexe : demandez à votre médecin traitant d'étudier une reconnaissance en affection longue durée (ALD) si votre arthrose devient invalidante. C'est la seule démarche qui fait passer le taux de remboursement de 70 % à 100 % sur les soins liés à la maladie, en supprimant le ticket modérateur.

Deuxième réflexe : respectez le parcours de soins coordonnés, c'est-à-dire consultez votre généraliste avant le rhumatologue sauf accès spécifique. Sinon, la Sécurité sociale réduit fortement sa prise en charge, quel que soit votre statut ALD.

Pour mémoire, retenez ces repères simples : 70 % pour une consultation classique sur la base de remboursement, 60 % pour la kinésithérapie, 80 % pour une hospitalisation liée à une prothèse de hanche ou de genou hors ALD. Le forfait hospitalier et la viscosupplémentation, eux, restent rarement couverts par la Sécu seule.

Enfin, comparez les contrats de mutuelle santé comme vous compareriez deux devis : un bon contrat comble ces trous, notamment via le dispositif 100% Santé pour l'appareillage. C'est souvent là que se joue la vraie différence sur votre budget santé.

Questions fréquentes

L'arthrose est-elle reconnue comme une affection longue durée (ALD) ?

Oui, mais seulement dans certains cas. Une ALD, ou affection longue durée, est une maladie grave et chronique ouvrant droit à un remboursement à 100 % par la Sécu. L'arthrose n'est pas classée ALD de façon automatique : c'est votre médecin traitant qui évalue, selon la gravité de votre cas, si une demande d'ALD hors liste est justifiée.

Quel est le taux de remboursement des séances de kinésithérapie pour l'arthrose ?

La Sécu rembourse 60 % du tarif conventionné des séances de kinésithérapie prescrites pour l'arthrose. Concrètement, sur une base d'environ 16,13 €, il vous reste 40 % à charge, appelé le ticket modérateur. C'est justement ce reste que votre mutuelle, votre assurance complémentaire, peut prendre en charge en totalité ou en partie.

La prothèse de genou ou de hanche est-elle remboursée à 100% ?

Oui, l'opération elle-même est remboursée à 100 % par la Sécu si elle est réalisée à l'hôpital dans le cadre d'une hospitalisation. Attention toutefois : le forfait journalier hospitalier et d'éventuels dépassements d'honoraires restent à votre charge, sauf si votre mutuelle les couvre spécifiquement.

Quelle mutuelle choisir quand on souffre d'arthrose ?

Privilégiez une mutuelle offrant de bons forfaits en kinésithérapie, médecines douces et hospitalisation, car ce sont les postes les plus sollicités en cas d'arthrose. Vérifiez aussi la prise en charge des dépassements d'honoraires en cas de pose de prothèse, ainsi que le remboursement des aides comme les orthèses ou semelles orthopédiques.

Les compléments alimentaires contre l'arthrose sont-ils remboursés ?

Non, la Sécu ne rembourse pas les compléments alimentaires comme la glucosamine ou la chondroïtine, car ce sont des produits de confort et non des médicaments. Certaines mutuelles proposent cependant un forfait annuel dédié aux médecines douces ou à la parapharmacie, qui peut couvrir tout ou partie de cette dépense.

Une infiltration pour l'arthrose est-elle prise en charge par la Sécu ?

Oui, une infiltration, c'est-à-dire une injection de corticoïdes directement dans l'articulation, est remboursée à 70 % par la Sécu lorsqu'elle est réalisée par un médecin conventionné. Les 30 % restants, le ticket modérateur, sont généralement couverts par votre mutuelle selon le niveau de votre contrat.