Médicaments de l'arthrose : le guide complet
Il n'existe pas de médicament qui guérit l'arthrose, mais il en existe plusieurs qui permettent de contrôler la douleur, réduire l'inflammation et ralentir l'évolution. Voici un état des lieux clair et sans jargon inutile des principales classes thérapeutiques disponibles.
Les antalgiques de premier recours
Le paracétamol (1 g toutes les 6 heures, max 3 g/jour chez les adultes avec risques hépatiques) reste la première ligne recommandée par toutes les sociétés savantes de rhumatologie. Il n'agit pas sur l'inflammation mais sur la douleur, avec un profil de tolérance excellent à doses thérapeutiques.
Selon moi, le paracétamol est souvent sous-dosé : beaucoup de patients prennent 500 mg "de temps en temps" alors qu'une prise régulière à dose pleine (1 g × 3/jour) est bien plus efficace sur la douleur chronique. Parlez-en à votre médecin.
Les opioïdes faibles (tramadol, codéine) sont une option de deuxième ligne en cas d'échec du paracétamol, à utiliser avec précaution chez les personnes âgées (risque de chutes, somnolence, constipation).
Les anti-inflammatoires (AINS)
Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène, diclofénac) agissent sur l'inflammation articulaire. Ils sont plus efficaces que le paracétamol sur les poussées inflammatoires, mais comportent des risques : gastrites, ulcères, risques cardiovasculaires et rénaux, surtout chez les plus de 65 ans.
Règle d'or : toujours prendre les AINS au cours d'un repas, ne jamais dépasser 5 jours sans avis médical, et associer un protecteur gastrique (inhibiteur de la pompe à protons) si traitement prolongé. En usage local (gels, crèmes), les AINS topiques offrent une efficacité comparable sur le genou et la main avec moins d'effets systémiques.
Les inhibiteurs sélectifs de la COX-2 (célécoxib, étoricoxib) ont un meilleur profil digestif mais un risque cardiovasculaire maintenu — à réserver aux patients avec antécédents digestifs et sans risque cardiaque élevé.
| Classe | Exemples | Action | Précautions principales |
|---|---|---|---|
| Paracétamol | Doliprane, Efferalgan | Antalgique | Ne pas dépasser 3 g/j, foie |
| AINS oraux | Ibuprofène, kétoprofène | Anti-inflammatoire + antalgique | Digestif, cardiovasculaire, rénal |
| AINS topiques | Voltarène gel, Ketum gel | Anti-inflammatoire local | Irritation cutanée |
| Opioïdes faibles | Tramadol, codéine | Antalgique central | Somnolence, dépendance, chutes |
| SYSADOAs | Glucosamine, chondroïtine, Piascledine | Chondroprotecteur (fond) | Délai d'action 2-3 mois |
Les traitements de fond (SYSADOAs)
Les SYSADOAs (Symptomatic Slow-Acting Drugs for OsteoArthritis) sont des médicaments à action lente sur les symptômes de l'arthrose. Ils n'agissent pas immédiatement — leur effet se manifeste sur 2 à 3 mois de prise régulière — mais peuvent réduire la douleur et améliorer la fonction articulaire sur le long terme.
Les plus utilisés : glucosamine sulfate (1500 mg/jour), chondroïtine sulfate (800-1200 mg/jour), et le Piascledine (extrait d'avocat et de soja, remboursé en France pour la coxarthrose et la gonarthrose). La diacérhéine et l'acide hyaluronique oral complètent cette famille.
La distinction entre médicaments SYSADOAs et compléments alimentaires (glucosamine en parapharmacie) est réelle sur le plan réglementaire mais moins nette cliniquement. Les formulations pharmaceutiques standardisées ont généralement une meilleure biodisponibilité.
FAQ — Médicaments de l'arthrose
En résumé
Les médicaments de l'arthrose ne guérissent pas mais permettent de vivre mieux avec la maladie. Paracétamol pour la douleur quotidienne, AINS pour les poussées, SYSADOAs pour ralentir l'évolution sur le long terme — chaque classe a son moment et ses indications. L'automédication a ses limites : un suivi médical régulier reste indispensable pour adapter le traitement à l'évolution de votre arthrose.